Jeudi, sans le savoir, une blogueuse a déposé à côté de “La mésange” d’Apollinaire un commentaire qui pour moi détient une valeur particulière : il s’agit du cinq millième reçu depuis l’ouverture de ce petit “bar à soupes” où l’on essaie de parler d’enfance, de poésie, de quotidien, de libellules et autres fariboles selon l’humeur. En démarrant modestement ce blog, il y a quatre ans, je ne pensais pas atteindre ce joli chiffre. Merci les amis-internautes ! Votre fidélité me (ré)chauffe le coeur.
La mésange
Nous sommes en février 1915. Depuis le 6 décembre dernier, Guillaume, engagé volontaire, est affecté à Nîmes. Il entretient avec une femme dont il est fou amoureux - et qu’il appelle Lou *- une correspondance soutenue. Voilà qu'il vient de vivre quelques jours de permission, beaucoup trop courts, d'autant plus qu'il sent bien que sa flamme n'est pas entièrement partagée. Mais à l'heure qu'il est, il doit repartir !
Romance
Depuis plus d'une semaine, déjà, les oiseaux ont repris leurs chants, deux par deux les colombes survolent le jardin, les parades nuptiales ont commencé. L'amour !… Cette intensité de la vie qui, chez les humains, libère les rêves, l'énergie et fait grandir tout l'être, cette perception intime qui fait chanter les coeurs… Pour en parler en mots et en langue choisis, je suis allée sur le blog du poète Francis Combes lui emprunter quelques extraits d'une romance.
Choisir, partir ...
Choisir, partir, c'est mourir un peu. Mais comme je le comprends ce Ben Oït ! Et oui le monde a changé…
La BD fait son festival
Ce festival à Angoulême, figurez-vous que je suis allée à sa première édition ; j'étais en seconde dans cette ville et pour moi c'était un bel évènement. Quarante ans ! Quarante ans se sont écoulés depuis !… Quelque part, en moi, je suis heureuse de pouvoir aligner autant de dizaines d'années dans mes souvenirs ! Mais mon propos de ce jour est lié à la Bande Dessinée : En Février, PriceMinister propose aux blogueurs de faire la critique d’une oeuvre de la Sélection Officielle du Festival d’Angoulême. Vite, vous avez encore trois jours pour proposer votre participation !…
Dans ma poche
Dans ma poche, savez-vous quoi qu'il y a ? Une foultitude de babioles, des plus petites, dures, insignifiantes, aux plus aléatoires, insaisissables, éphémères, mais néanmoins "grandioses". Oui, à ce stade inutile de pinailler sur les mots, je suis sûre que vous me croyez, dur comme la louche de la soupière ! Du blog Ahoui, qui la tenait lui-même d'ailleurs, est venu l'idée de départ, celle de l'inventaire. Ensuite les mots ont glissé tout seuls. Essayez, vous verrez !
Posons là ces fleurs
~Le soleil extérieur a soif du soleil intérieur ~
Jakob Böhme

Clivia miniata
Chandeleur
Si on faisait des crêpes ! Voilà une exclamation qui a le pouvoir de mettre de la gaité dans un jour gris. D'éveiller la joie tapie au fond des chaussettes !
De bois et d'écorces
- Voilà, je reviens !…
Et vous apporte un conte qui, par son propre chemin, vient de bien plus loin que là d'où je viens.
- Ben tiens !
- C'est un conte estonien, mais n'allez pas croire que là-bas les humains soient plus plus âpres au gain, ou plus superstitieux que sous d'autres cieux. Des humains comme vous et moi, vivant souvent à la lisière des bois. Mais qui suaient abondamment pour gagner une maigre bouchée de pain !
Partir un peu ...
Il
est
parfois
nécessaire
de se taire
pour délivrer
une parole juste.
Christian Bobin,
- L’inespérée -
1994
Ce n’est pas pour
se faire écrivain qu’on écrit.
C’est pour rejoindre en silence
cet amour qui manque à tout amour.
C’est la même chose que d’aimer ou d’écrire.
C’est toujours se soumettre à
la claire nudité d’un silence.
C’est toujours s’effacer.
Christian Bobin
- Souveraineté du vide -
Le plaqueminier aux deux branches
Sur le papier, tout ce qui s'apparente aux contes, mythes et légendes, possède souvent un style dit "littéraire" et un rythme qui correspondent à une lecture silencieuse. Dès que l'on souhaite les ra-conter à un public, il convient de leur donner de la chair, un peu de soi, beaucoup de fluidité, et surtout de trouver le rythme propre à l'oralité. Ou de s'en approcher autant que possible ! Mercredi, je contais devant un petit groupe d'adultes l'histoire des deux branches de l'arbre et me suis dépêchée, ensuite, de fixer par écrit ma version telle qu'elle fut dite. Enfin presque ! Vous allez voir, dans ma transcription, je suis allée régulièrement à la ligne, pour marquer les mini-pauses indispensables à un récit oral. Cela allonge inévitablement la page, mais la lecture en est plus aisée et plus facilement mémorisable.
"Faut voir !" dirait mon cousin Célestin …
Vous avez dit poète ?
Assise dans un théâtre, juste avant les fêtes, j'écoutais un concert d'Harmonie, lorsqu'une musicienne s'est avancée devant le public. Sans préambule, elle nous a apostrophés et j'ai cru à une prise de position politique sur la culture. J'avoue que j'ai oublié les mots, les idées, mais je me souviens de mon étonnement et de l'air frais qui est entré en moi à cet instant. C'était la minute poétique ! Et elle a eu le bonheur de se renouveler plusieurs fois avec différents musiciens, différentes voix. Jamais sur le même ton, mais provoquant toujours étonnement, sourire et finalement un certain bien être qu'on nous parle ainsi, de façon peu conventionnelle, mais tellement stimulante, rafraîchissante.
L'homme et la femme-joie
Véro, une amie, m’avait glissé le titre dans l’oreille lors d’une conversation. Une blogueuse avait évoqué son “bleu” du tout début, le bleu du commencement, de la première nouvelle du recueil. Alors, entre les jours précédant Noël et le bout de l’an, je me suis installée sur mon lit avec un gros coussin et “l’homme-joie” de Christian Bobin.
Pourquoi la mer se retire ?
Bien sûr il y a encore, pour tout le mois de janvier, la traditionnelle, la fameuse galette; mais après l’Épiphanie les fêtes sont à ranger, avec leurs bulles et leurs rubans, avec leurs pépites de joie et leur petite musique douce, bien au chaud dans le placard aux souvenirs. Désormais, nous entrons dans l’hiver.

“Jeune lièvre”, Aquarelle et gouache sur papier 1502,
Albrecht Dürer (1471–1528) Albertina
Caneton entêté
J'adore les canards. Les voir, les admirer, les photographier sur les lacs et les plans d'eau. Les déguster, hé, hé, avec des pommes, des figues ou des oranges … Mais j'aime aussi particulièrement les histoires de ces volatiles; depuis mon enfance campagnarde, où les admirer s'ébattre et s'ébrouer dans la mare, juste en face de la baie qui abritait mes jeux, était un passe-temps quotidien.
Métamorphose marine
On offre ses voeux et parfois, dans la foulée, des personnes s'épanchent : l'alcoolisme parental, les violences subies dès la plus tendre enfance, l'écrasement et puis, et puis, le long processus de retour à la vie, les rechutes, le désir de se libérer et de VIVRE. On ne ressort pas indemne de telles confidences, mais elles nous ouvrent aussi les yeux sur nous-mêmes …
13 voeux à la douzaine en 13
Mal à l'aise pour prononcer des voeux lors de mes rencontres en début d'année, j'aime cependant en formuler par écrit. La personne qui lit est souvent en quête d'une lueur, d'une étincelle, d'une petite mélodie que les bruits du concret étouffent. "Il faut remettre la terre et le vivant au centre de tout," dixit Frédéric Lenoir. Alors également la joie de se lever le matin, l'amitié et tout ce qui va avec.
L'ange à qui l'âne répondait
Autrefois, disait-on, durant la nuit de Noël les animaux recevaient le don de la parole. Juste entre onze heures et minuit. Les braves gens prétendaient qu'il valait mieux ne pas les écouter. Pourtant, la parole de l'âne… Ah oui, elle mérite que l'on ouvre grand ses oreilles !
Noël ! Pour les enfants de l'univers
"Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte
et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Lutin veille
"C’est un vieux, vieux lutin et il a vu la neige de centaines d’hivers. Il va et vient à pas feutrés dans le clair de lune et veille sur la ferme. Le lutin visite chaque maison et parle à chaque animal dans une petite langue silencieuse qu’eux seuls peuvent comprendre. Les hommes ne le voient jamais, mais parfois, le matin au réveil, les enfants découvrent… d’étranges petits pas dans la neige." Éditions Pastel de l'École des Loisirs